14/11/2007 :
A la clôture du "SEMINAIRE INTERNATIONAL : BILAN DES DEUX ANS D'APPLICATION DE LA LOI JUSTICE ET PAIX" qui a eu lieu le 14 novembre à la Casa de América à Madrid, se sont concentrés devant l'édifice près d'une centaine de colombiens et de colombiennes. Parmi eux se trouvaient des familles de victimes (disparus, assassinés, torturés), des travailleurs de la compagnie pétrolière nationale colombienne ECOPETROL, des défenseurs des droits de l'homme, des étudiants, des salariés et des migrants. Ils étaient rassemblés pour protester contre la "Loi Justice et Paix" du gouvernement Uribe Velez.
Avec leurs pancartes et leurs banderoles, les manifestants ont dénoncé l'attitude du gouvernement colombien de Uribe Velez qui protège d'une chape d'impunité les paramilitaires responsables de centaines de massacres, d'enlèvements, de tortures et de violations contre le Mouvement Populaire colombien.
Pendant plus de deux heures, ils ont agité leurs pancartes devant la Casa de América en attendant que sortent les représentants du gouvernement de Uribe. A la sortie du Ministre de lIintérieur et de la Justice, Carlos Holguin Sardi, les manifestant(e)s criaient :
"La Loi de Justice et Paix est une Loi d'Impunité"
"Pour la dignité des victimes... NON à l'impunité",
"STOP aux complicités de l'Espagne"
"Ni pardon ni oubli... A bas les Génocides"
"Pour nos morts... Pas une minute de silence... Toute une vie de mémoire"
"Uribe génocide... DEMISSION !"
"Aznar et Zapatero sont complices de Uribe"
"Uribe paramilitaire".
Pendant la manifestation, un document refusant l'impunité des crimes d'Etat en Colombie a été lu. Il affirmait entre autres :
"Ici, à la Casa de América, sous les auspices du gouvernement espagnol de Rodríguez Zapatero, le Centre International de Tolède pour la Paix dont fait partie le Ministre de la Guerre Colombien Juan Manuel Santos, a organisé hier 13 et aujourd'hui 14 novembre, un Séminaire pour maquiller le régime paramilitaire colombien .
Parmi les organisateurs, l'actuelle ambassadrice de la Colombie en Espagne Noemí Sanin Posada est, comme d'autres politiques reconnus, responsable de complicités dans le massacre du Palais de Justice et dans les détentions/disparitions qui y ont eu lieu en 1985.
La complicité qui se tisse de différentes manières entre des cercles espagnols et colombiens pour ne pas écouter les voix des victimes mais celles des bourreaux est inadmissible. Depuis des années, de l'ère Aznar au gouvernement de Rodríguez Zapatero, des décisions sont prises sur ce thème et sur d'autres qui vont à l'encontre des peuples d'Amérique Latine. En mentant quand on dit respecter le droit international et les droits de l'Homme, on fait exister sans interruption une politique favorisant les crimes et l'impunité. Cette politique consolide le régime colombien de Uribe Velez par des alliances avec les intérêts espagnols et par la compatibilité entre les stratégies nord-américaines et européennes dans les champs politiques, économiques et militaires.
La consolidation des différents mécanismes d'impunité de fait et de droit, comme la loi de "Justice et Paix", a connu différentes étapes parmi lesquels leur préparation et leur mise en oeuvre par des émissaires de l'Etat espagnol. Cela devrait faire honte au Gouvernement espagnol de Rodríguez Zapatero.
Ici, dans la rue, nous nous retrouvons Colombiens et Colombiennes victimes de crimes d'Etat. Nous sommes là avec nos ami(e)s, nos compagnons et nos compagnes qui expriment leur solidarité et leur indignation face au paramilitarisme et à l'impunité des crimes d'Etat. Nous sommes là pour manifester notre rejet éthique de cette loi et de tout l'appareil d'impunité et d'interprétation tendancieuse au service du terrorisme d'Etat.
Nous condamnons ceux qui ont conçu ces dispositifs, ceux qui les appliquent et qui en sont complices, ceux qui se moquent des droits des victimes à la VERITE, à la JUSTICE et à la REPARATION INTEGRALE. Par notre lutte, par notre mémoire, sans pardon ni oubli des génocides, nous affirmons que nous condamnons leurs ignominies et leurs dissimulations".
Lire le récit de l'événement dans la presse colombienne


